samedi 17 janvier 2015

Le surfcasting léger, la mise à jour

Voici une mise à jour de mon article sur le surfcasting léger. En effet, je l'avais rédigé il y a bientôt 3 ans, depuis, plusieurs choses ont changé; des nouvelles cannes, des nouveaux moulinets ou encore du petit matériel plus adapté à cette pêche.


 Le surfcasting est une pêche simple; une canne, un moulinet garni de nylon, quelques plombs, du fluorocarbone, des hameçons, des appâts frais et le tour est joué!


La pêche en surfcasting léger est assez différente du surfcasting "classique" car il ne s'agit pas de pêcher avec du matériel puissant sur des grandes plages et de lancer à longue distance. Cette pêche aux appâts est plus polyvalente, elle peut se pratique de n'importe où en bord de mer avec du matériel plus light et dans des secteurs souvent plus encombrés comme les estuaires, des zones rocheuses, près des parcs à huitres... Tout au long de l'année, à marée haute comme à marée basse, petit ou gros coefficient, il y a toujours possibilité de pratiquer le surfcasting léger. Le but est de trouver les endroits stratégiques de passage des poissons et les zones où ils viennent régulièrement se nourrir.


Les cannes:






Je vous conseille d'utiliser soit des cannes "buldo" qui font en général 3.90m pour une puissance d'environ 30/100g, soit des petites cannes surfcasting de 4.20m pour une puissance de 50/120g. Certains modèles de cannes à carpe conviennent aussi très bien pour ce type de pêche. Suivant les poissons recherchés, la force du courant et la régularité des touches, je pêche avec deux ou trois cannes.
Depuis quelques mois, je n'utilise plus que des cannes Seabass Rods Lures Fishing. La marque m'en a confié deux à tester afin de pouvoir bientôt les commercialiser. Elles sont fabriquées avec une base de blank "carpe", les autres matériaux (anneaux, porte cannes, bagues, porte moulinet...) sont adaptés au milieu salin. Ces SRLF Surf Light sont en deux brins et mesurent toutes les deux 3.90m. L'une a une puissance de 50/120g et l'autre 80/150g.

Merci à la marque Seabass Rods Lures Fishing pour la confiance qu'elle m'accorde en me laissant tester son matériel...


http://srlf.fr/




La Crosscast Bulle DAIWA 3.90m est un exemple de canne "Buldo" idéale pour le Surfcasting léger.



La canne carpe Vengeance AX Specimen SHIMANO pourrait être utilisée pour cette pêche, par contre il faudra bien la rincer et l'entretenir car elle est faite pour pêcher en eau douce à la base...









Les moulinets:

Tout est une histoire de budget, il faut des moulinets qui ramènent au moins 1 mètre de fil par tour de manivelle. J'en ai testé beaucoup comme le Daïwa Emcast Evo 5500, le Mitchell Avocast 8000 ou encore le DAM Quick SLR Surf 565... A chaque fois j'ai été déçu; freins de mauvaise qualité qui se dégradent au fil des années, matériaux extérieurs qui s'oxydent, bobines qui s'abîment petit à petit avec le sel, sur le Mitchell j'ai même le "pas de vis" du frein qui est parti en lambeaux! Je précise que mon matériel est toujours rincé à l'eau douce après chaque session...
C'est pour cela que j'ai décidé d'investir dans des moulinets un peu plus "haut de gamme". J'ai longuement hésité entre le Affinity ou le Surfblaster de la marque Penn, réputée pour sa puissance et sa résistance à l'abrasion. Mais, pour le même budget, je pouvais avoir également l'Ultégra XTC ou l'Ultégra XSC de chez Shimano qui à mes yeux est la meilleure marque de moulinet... 

J'ai finalement pris deux Ultégra 5500 XSC, très légers (505g), un bon ratio 5.3:1 (105 cm TMV), très bon frein avec système "Instant Drag", Easy Maintenance, système X-Ship... Bref, le top pour le surfcasting léger!



Il y a une autre marque qui fait son trou dans le monde du surfcasting depuis quelques années, il s'agit de Sunset. Sa gamme surf se compose de 6 moulinets pour un budget allant de 50 à 160 euros.




Le petit matériel:

Le corps de ligne:



J'équipe essentiellement mes moulinets de nylon de 30 à 45 centièmes selon les zones où je pêche. Si je suis sur un spot encombré de roches je n'hésiterai pas à pousser jusqu'au 45 centièmes, si par contre je pêche la daurade royale (très méfiante...) dans une zone sableuse et peu profonde, je descendrai en 30 centièmes. Personnellement, si vous pêchez régulièrement, je vous conseille de changer votre nylon tous les ans, le sel et l'abrasion (roches, sable, coquillages...) le mettent à rude épreuve au fil des sessions. Il serait bien dommage de casser sur un poisson lors d'un combat parce que votre fil était abimé...   


Voici le nylon que j'ai actuellement sur mes moulinets: le Tortue Trident. Et j'en suis très content!




Sinon il y a l'Asso Ultra qui est un fil très réputé.



  
Le Teklon est l'un des meilleurs nylons en rapport qualité/résistance/prix






Le bas de ligne:

Je ne mets que du Fluorocarbone de 25 à 40 centièmes pour mes bas de ligne, d'une longueur variant entre 1.5m à 2.5m selon les poissons recherchés et la clarté de l'eau. Côté marque, j'utilise exclusivement du YGK DFC Nitlon. Ce fluorocabone est discret, très résistant aux noeuds et à l'abrasion tout en gardant de la souplesse. De plus sont prix est très intéressant, environ 16 euros la bobine de 100m.


Le YGK DFC Nitlon



Pour les plus petits budgets, il y a un autre fluorocarbone que je conseille: l'Asari Prestige. Il a un excellent rapport qualité/prix. Son " Smoothless Concept " améliore la résistance à la rupture, et donne au bas de ligne un comportement révolutionnaire.




5 bonnes raisons d'utiliser du fluorocarbone:

- Sa densité supérieure le fait couler 3 fois plus rapidement et facilite le lancer.
- Son indice de réfraction voisin de celui de l'eau le rend invisible sous l'eau.
- Son insensibilité aux rayons UV fait qu'il vieillit sans perdre sa qualité initiale.
- Il n'absorbe pas l'eau, sa résistance n'est pas affectée par une immersion prolongée et par le froid.
- Il résiste très bien à l'abrasion.




Les plombs:

J'utilise différentes sortes de plombs suivant où je pêche. En estuaire, comme il y a parfois du courant lorsque les coefficients sont forts, je cherche à tenir le fond avec des plombs grappins. Dans les baïnes et dans les zones calmes avec des roches et du sable, j'utilise plutôt des plombs poires ou bombes. En 2014, grâce à mon partenaire Delalande, j'ai découvert les plombs portugais... C'est à mon avis le plus polyvalent, s'il faut en avoir qu'une sorte, c'est celle là. Ce plomb pyramidal a une très bonne tenue dans le courant et sa forme aérodynamique permet de le lancer loin, beaucoup plus loin qu'avec un plomb grappin.


Le plomb portugais de chez Delalande à la particularité d'avoir une tige plus longue que ses concurrents... C'est un petit détail qui a son importance car il permet de relever un peu plus l'appât pour lui donner plus de mouvement lorsqu'il y a du courant.


Le plomb grappin débrayable est de loin celui qui tient le mieux dans le courant...




Assortiment de plombs que l'on peut utiliser dans des zones propres, calmes ou avec peu de courant.









Les hameçons:




Il existe de nombreuses sortes d'hameçons avec des propriétés différentes selon les appâts que l'on utilise et les poissons que l'on recherche. Je les ai presque tous essayés, et honnêtement j'en ai retenu principalement deux qui me permettent d'utiliser tous les appâts...

Les hameçons simples à hampe courte:




J'utilise ces hameçons dans des petites tailles, du n°2 au n°8, pour escher des petits appâts; petits arénicoles, coques, crépidules, petits crabes, crevettes... Ils sont très efficaces sur les poissons qui ont une petite bouche comme la daurade grise ou encore la sole. Si je recherche la daurade royale, je n'hésite pas à prendre ces hameçons en "fort de fer". La "belle aux sourcils dorés" a une mâchoire impressionnante, il m'arrive parfois, après une touche, de ramener mes hameçons tordus voir même cassés... Il faut ferrer rapidement avec ce genre d'hameçon sinon les poissons, souvent les plus petits, risquent d'avaler complètement l'appât! 


Cette grosse daurade royale a été piquée comme il faut!



Cet hameçon s'est fait écraser par la mâchoire d'une grosse royale... Mon ami Anthony s'en souviendra toute sa vie!





Les hameçons à longues tiges avec des ardillons sur la hampe:



Ce sont des hameçons qui permettent de bien tenir les appâts comme les arénicoles, les grosses gravettes, les bibis, les couteaux entiers, lanières de seiche... Je pêche généralement avec les tailles 1/0 et 2/0 pour sélectionner les plus beaux poissons. C'est gros mais je peux vous garantir que malgré tout, il m'arrive parfois de faire des juvéniles de moins de 15cm... Lorsque je recherche les très gros poissons comme le congre, la raie ou le gros bar, il m'arrive d'employer du 4/0! Avec des hameçons de cette taille, généralement la pointe est bien dégagée pour assurer un bon ferrage, de plus, il y a peu de risque que le poisson avale l'appât jusqu'au fond de la gorge. On peut alors décrocher notre prise sans l'abîmer ce qui est l'idéal si on a l'intention de la remettre dans son milieu naturel.

Cette jolie royale avait succombé à une belle arénicole fraiche montée sur un hameçon VMC 2/0.




Lorsque l'on pêche le gros bar avec de grosses bouchées, il faut de gros hameçons sinon il y a un risque important de les décrocher!




Les montages:

Je ne pêche quasiment qu'avec le montage coulissant car je trouve que c'est le meilleur lorsque l'on recherche les poissons les plus gros. La canne est en contact direct avec l'appât et à la moindre touche le scion bouge. Pour des poissons comme la daurade royale, très très méfiante, je desserre les freins avant de mes moulinets, au moindre départ, ceux ci se déclenchent et le poisson fuit avec l'appât sans ressentir la moindre résistance...


Montage coulissant avec un coulisseau, mon préféré!





J'utilise aussi occasionnellement le montage "trainard" avec un ou deux hameçons, par exemple, lorsque je recherche le merlan ou le tacaud en hiver.





Le trépied:

Il est important d'avoir un trépied car il permet de maintenir ses cannes en hauteur pour détecter au mieux la moindre touche. De plus, sur certains spots il arrive qu'il n'y ait aucun support pour poser les cannes. Le trépied permet aussi de protéger le matériel et d'éviter qu'il ne soit trop en contact avec le sable et le sel.

Il ne faut pas oublier de bien lester le trépieds grâce au crochet qui se trouve en dessous car le courant et parfois la violence de certaines touches, peuvent le faire valser!



Les appâts:


L'arénicole: C'est l'appât passe partout, elle est très facile à trouver et permet d'attraper presque toutes les espèces: bar, lieu, daurade, raie, rouget, vieille... On la trouve en bêchant sur les plages, elle se trahit par un petit tourbillon de sable qu'elle crée en surface.


Voici les traces qui trahissent les arénicoles, plus le diamètre des "crottes" est important, plus les vers sont gros!



Conservés au frigo dans du papier journal, les arénicoles pourront tenir plusieurs jours.



Lorsqu'on enfile l'arénicole sur l'hameçon il faut faire en sorte de l'abimer le moins possible pour qu'il diffuse un maximum d'effluves quand il sera au fond de l'eau. Piqué par la tête ou par la queue, l'hameçon doit être dissimulé au mieux pour déjouer la méfiance des poissons.





Le bibi: Un excellent appât mais plus difficile à trouver, de plus, c'est en l'utilisant frai que l'on a les meilleurs résultats. L'inconvénient est qu'il faut au moins 80 de coefficient pour pouvoir en trouver donc il est très difficile de pêcher avec des bibis frais sur des petits coefficients. On les repère grâce à des petits cratères sur les plages sablo-vaseuses, ensuite il n'y a plus qu'à bêcher...

On peut escher les plus petits en entier en les enfilant avec une aiguille, pour les plus gros, il vaut mieux les couper en tronçons ou en lamelles.





La crépidule: ce coquillage est originaire de la façade atlantique de l'Amérique du Nord et il est devenu invasif et considéré nuisible en Europe à cause de sa prolifération. C'est une esche de choix mais le problème est sa fragilité... Jusqu'ici je n'ai pêché qu'avec sa chair mais je suis sûr qu'en lui laissant sa coquille la crépidule pourrait être encore plus efficace notamment pour la daurade royale.


Il m'arrive très souvent de retrouver des déchets de crépidules dans les intestins des poissons comme les daurades royales lorsque je les vide en fin de session.




Il faut récupérer la chair jaune de plusieurs crépidules et l'enfiler sur un petit hameçon à hampe courte. Pour une meilleure tenue, n'hésitez pas à saucissonner le tout avec du fil élastique...





Le crabe: c'est la proie principale des gros bars et des grosses daurades royales. Quand on pêche avec le crabe, les touches sont plutôt rares mais très violentes. Chose étonnante, je n'ai attrapé jusqu'ici qu'un seul bar à peine maillé avec cet appât. Je n'ai sans doute pas encore trouvé le bon pattern avec cet appât pour le poisson roi...


Quand il mue, le crabe devient mou et dégage des effluves importantes qui le rendent
 irrésistible pour ses prédateurs!




Ce gros crabe a croisé le chemin d'une daurade royale...





Le couteau: Très bon appât aussi, encore faut il en trouver facilement car, comme le bibi, il faut un coefficient important pour s'en procurer... Plusieurs techniques se présentent à vous pour l'attraper; à la bêche (radical), avec une tige de parapluie (très technique) ou enfin en mettant du sel dans son trou. Cette dernière technique est à pratiquer avec ses enfants car c'est très ludique...


La pêche aux couteaux avec papa, c'est génial!



Ce trou dans le sable en forme de 8 ou de "clé" indique la présence d'un couteau...




Utilisé entier avec la coquille entouré de fil élastique ou en ne prenant que le muscle blanc, le couteau se révèle efficace sur tout les poissons. Il m'a souvent sauvé de la "douille"!




La gravette blanche: Pas toujours facile à récolter, j'en attrape de temps en temps quand je cherche des arénicoles. C'est un appât très bon mais aussi très fragile. En le montant sur un hameçon fin de fer à longue hampe, il tient assez bien.

Le seul inconvénient c'est que la gravette n'est pas très sélective et c'est souvent des petits poissons qui sont les premiers à taper dessus...





La mye: Elle n'est pas très connue par chez nous, et pourtant il y en a en grande quantité sur certaines plages costarmoricaines. C'est un mollusque bivalve qui vit enfoui dans les milieux sablo-vaseux.


Je les ai découvert par hasard en cherchant des couteaux...




La mye est un excellent appât avec tout de même un inconvénient, c'est qu'elle n'est efficace que dans le secteur où on la récolte. Il est bien connu que les poissons ne se nourrissent que des proies qui existent sur leurs zones de chasse...



Il faut utiliser le syphon (partie orangée à gauche sur la photo) qui est la partie la plus dure de la mye. On pourra l'esher en entier ou en lamelle pour les myes les plus grosses...  



La pistiche: j'ai découvert ce drôle de vers grâce à Anthony, mon ami finistérien. C'est un vers très long, il peut atteindre plus de 20 centimètres! On le récolte à la bêche à marée basse par plus de 60 de coefficient sur des spots où il y a des déchets de coquillages comme les zones ostréicoles par exemple. Pour pêcher, la meilleure partie de ce vers est sa tête car elle est très dure, elle tient tellement bien sur l'hameçon que l'on peut attraper plusieurs poissons sans qu'elle ne s'abîme... La pistiche, appelée aussi pétisse ou mouron, est le "pêché mignon" de la daurade royale!

Toujours très impressionnant les pistiches lorsque l'on arrive à les attraper en entier sans les couper...



 Voici le meilleur morceau... Attention de ne pas se faire mordre en enfilant l'hameçon, ses crochets peuvent faire mal!








La seiche: je l'utilise surtout en pêche nocturne pour le bar et le congre mais il m'arrive aussi d'en mettre sur mes hameçons la journée pour tenter d'attraper de la raie par exemple. Quand j'en ai la possibilité, je la pêche moi même et je la congèle, sinon je vais en acheter en poissonnerie. L'encornet ou le calamar, qui fait aussi partie de la catégorie des céphalopodes, est également très bon pour la pêche de nuit. Certains pêcheurs arrivent même à se procurer des tout petits calamars appelés "chipirons", qu'ils mettent en entier sur l'hameçon.


Rien de tel que des seiches extra fraiches que l'on pêche soit même...







Utilisée en lamelle, la seiche est un redoutable appât pour la pêche de nuit.






Le surfcasting léger est une pêche plutôt facile et simple. A partir du moment où l'on utilise le bon matériel, les montages adaptés et des appâts de qualité, on a forcément de bons résultats. Maintenant c'est à vous de jouer!


@micalement, Nicolas.

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