mercredi 11 novembre 2015

On récolte ce que l'on sème...


"On récolte ce que l'on sème..." C'est l'expression qui correspond le mieux à l'actualité sur la pêche en mer en ce moment...
La commission européenne vient d'annoncer différentes propositions pour protéger les ressources de poissons comme le bar ou encore le cabillaud. Professionnels comme récréatifs n'ont pas voulu agir en temps voulu malgré les alertes des scientifiques, et bien maintenant il va falloir se serrer la ceinture!

Voici deux articles qui sont sortis dans les journaux ces derniers jours:     


(Article de Lionel Changeur extrait du Ouest France du 10.11.15)

"La Commission a proposé aussi de réduire fortement, en 2016, les limites de captures de cabillaud et d’églefin en mer Celtique.

Pour sauver le stock en péril de bar, la Commission européenne a décidé de frapper fort. Dans ses propositions sur les totaux admissibles de captures (Tac) pour 2016, elle se prononce pour une interdiction de début janvier à fin juin de la pêche au bar. Un moratoire qui concernerait les professionnels et la pêche récréative (loisir, plaisance).
Pour la seconde moitié de l’année, les services du commissaire Karmenu Vella suggèrent de limiter la pêche professionnelle de ce poisson à une tonne par mois (contre 1 à 3 tonnes/mois, selon les métiers, en 2015).
Pour la pêche récréative, ce serait un bar par personne et par jour, contre trois aujourd’hui. Ce dispositif permettrait de réduire de 46% la pêche du ‘loup de mer’ (à un total de 1 449 tonnes) en Manche, mer du nord et mer Celtique.
Il n’y a pas de restrictions prévues dans le golfe de Gascogne.
Ces mesures seront négociées à la mi-décembre, à Bruxelles, par les ministres européens de la Pêche, qui fixeront à ce moment les limites de captures pour 2016. Il y aurait la volonté, côté français, de trouver pour le bar des solutions « justes et à la hauteur de l’enjeu », avec une vision à plus à long terme.

-30% pour le cabillaud en mer Celtique

La Commission n’y va pas de main morte pour d’autres espèces prisées par les Bretons en mer Celtique. Elle propose une baisse de 30% des captures de cabillaud (à un total de 3569 tonnes), moins 27% pour l’églefin, ou encore moins 12% pour la lotte.
Dans les eaux du golfe de Gascogne, il manque les chiffres notamment pour le merlu, la langoustine et la sole, en raison de l’attente d’avis scientifiques. Mais la Commission dit déjà que les stocks de soles dans le golfe de Gascogne (et en Manche Est) « sont très vulnérables ».

Quotas "rejets"

Enfin, la Commission promet de revoir à la hausse, vers fin novembre, les quotas proposés pour les espèces vivant près du fond (sole, cabillaud, merlan, merlu) soumises, l’an prochain, à la règle de l’obligation de débarquement de toutes les captures. En effet, la réforme a introduit une interdiction, pour les pêcheurs, de rejeter en mer les poissons non souhaités.
Il y aura certes des dérogations pour aider les pêcheurs à s’adapter aux nouvelles contraintes : 3% de rejets pour la sole, et jusqu’à 7% pour le merlan. Les quotas supplémentaires devront tenir compte de ces exemptions, des rejets effectués par le passé et ne devront pas avoir pour effet d’augmenter la mortalité par pêche (coefficient de disparition d'individus consécutive aux opérations de pêche).
La discussion promet d’être compliquée à la mi-décembre sur tous ces sujets."

(article extrait du Télégramme du 11.11.15)


"La Commission européenne a décidé de frapper un grand coup, ce mardi, en proposant de réduire les captures de bar de 46 % l'an prochain. C'est « l'arrêt de mort de la pêche au bar », a réagi l'eurodéputé Alain Cadec. De notre correspondante à Bruxelles. Le « déclin rapide » du bar justifie de « réduire les captures de façon radicale et urgente », a expliqué, hier, un porte-parole du commissaire à la pêche, Karmenu Vella. Résultat, la Commission européenne a proposé une interdiction totale de la pêche au bar du 1e r janvier au 30 juin 2016. Puis de ramener de trois à un par jour, le nombre de bars que les plaisanciers seront autorisés à pêcher à partir de juin. Les pêcheurs professionnels devront, eux, se limiter à une tonne par mois au lieu de trois. Autour de l'Irlande, la pêche restera complètement fermée. Au total, les captures de bar devront baisser de 46 % l'an prochain. L'an dernier, déjà, la Commission avait strictement encadré les captures. Mais « les scientifiques ont conclu de façon catégorique que ces mesures ont échoué », explique ce porte-parole. D'où la nécessité de sévir. « L'arrêt de mort de la pêche au bar ! » « La Commission signe l'arrêt de mort de la pêche au bar, aussi bien pour les pêcheurs récréatifs que pour les professionnels, notamment les ligneurs qui pratiquent une pêche responsable ! », a déclaré, hier, le président de la commission pêche, l'eurodéputé Alain Cadec, dénonçant l'« aveuglement bureaucratique » de la Commission. « Je suis évidemment favorable à des mesures européennes fortes pour protéger le bar mais il ne faut pas faire n'importe quoi ! », a-t-il ajouté. Discussions dans les semaines à venir La proposition sera discutée dans les semaines à venir entre ministres et au Parlement européen, avant de pouvoir entrer en vigueur. Karmenu Vella rappelle, de son côté, que les scientifiques tirent « la sonnette d'alarme ». L'avis rendu en juin par le Conseil International pour l'Exploration de la Mer était alarmant. Les débarquements ont été multipliés par trois en dix ans, alors que la mortalité a doublé. Les scientifiques admettaient toutefois de sérieuses lacunes dans les données sur lesquelles ils se basaient, notamment pour la pêche plaisancière. « L'état des stocks est mal connu et les études de marquage se poursuivent », écrivaient-ils."

Ce ne sont que des propositions mais il y a de grandes chances que ça passe... On vous avait prévenu...

@micalement, Nicolas.

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