vendredi 17 février 2017

Du sar en Côtes-d'Armor ?


J'entends souvent dire qu'il y a du sar en Côtes-d'Armor et ce sont surtout les plongeurs qui en parlent, c'est sûrement parce que ce poisson est vraiment très méfiant et qu'il fréquente des zones spécifiques. Il semblerait même qu'il y en ait plus qu'on ne le pense mais que personne ne les recherche vraiment à la ligne. Personnellement le seul sar que j'ai fait de ma petite vie de pêcheur, je l'ai attrapé dans l'estuaire du Jaudy il y a une dizaine d'années et il n'était pas bien gros.


 Voici un petit sar costarmoricain...


 

Je serais bien tenté d'essayer d'attraper ce sparidé, plus particulièrement sur la côte de granit rose où il y a de belles zones d'écume avec du courant. Cependant plusieurs questions me viennent à l'esprit concernant ce poisson inconnu pour moi. Alors je me suis dit: "qui mieux que David, spécialisé dans la pêche du sar en Bretagne Sud et Pays de Loire, pourrait répondre à mes interrogations?"


Bonjour David, peux tu te présenter auprès des lecteurs de ce blog?

Bonjour Nicolas. Alors moi c'est David, 40ans, papa au foyer et accessoirement photographe et auteur naturaliste indépendant quand mes petits m'en laissent le temps, pêcheur passionné et 
tenancier du blog Rocknrollblennie. Mes pêches de prédilection ? La plupart des techniques dites « finess » en mer (mebaring, ajing), un peu de shore jigging, et toujours en toile de fond, de près ou 
de loin, la traque des sparidés notamment en iso à la française, une technique de pêche incroyable que j'ai découvert grâce aux vidéos du team Pescanautic il y a quelques années. Un team, ou plutôt 
une famille, à laquelle aujourd'hui je suis d'ailleurs extrêmement fier d'appartenir.


Quelques membres de cette grande famille de pêcheurs en Iso...



Maintenant peux-tu nous présenter ce magnifique poisson qu'est le sar? Quelle famille, habitat, alimentation, reproduction...

Ahhh ! Mon pote Diplodus sargus cadenati... Oui, il faut savoir déjà que notre sar atlantique n'est pas de la même sous-espèce que celui de méditerranée ! Il est plus gros, jusqu'à 4,1kg officiellement
pour le moment (au nord de l'Espagne), mais aussi autrement moins chasseur, ce qui le rend par ailleurs impossible à cibler aux leurres contrairement à son cousin méridional. Par quoi commencer à son sujet, si ce n'est qu'il a tendance à rapidement devenir chez ceux qui ont eu comme moi la chance de croiser sa route une vraie obsession. Obsession déjà parce que là sans être là : le sar est par exemple bien plus abondant sur les estrans rocheux que beaucoup ne l'imaginent au travers du seul prisme par exemple de la pêche au leurre, à part éventuellement à la belle saison quand les eaux claires et calmes vont le pousser un peu plus au large, voire à devenir 
surtout nocturne. Obsession parce qu'à l'instar de bien d'autres espèces emblématiques comme par exemple le blackbass en eau douce, le sar est un poisson on ne peut plus fantasque. Durant quelques jours il va s'alimenter de façon frénétique, puis il va subitement, comme ça, sans raison, donner l'impression 
de totalement disparaître tellement il ne touchera plus à rien ! En clair un vrai casse tête pour les pêcheurs ! Ou plutôt je dirais un vrai bon défi ! Question de point de vue...
Obsession aussi parce qu'un sar, petit comme gros, est un poisson qui lorsque l'on connaît les conditions de mer qui le mettent en activité, se mérite, et qui donc est extrêmement gratifiant à 
capturer. En effet s'il lui arrive de se nourrir en « broutant » les essaims de moules (40% de son alimentation est composée uniquement de mollusques bivalves), il va aussi et surtout venir 
régulièrement glaner sa pitance sur les estrans, à ras les roches les plus battues par la houle. C'est d'ailleurs dans ce contexte précis de forte mer qu'il est le plus actif et donc le plus susceptible d'être 
capturé. En plus donc d'avoir à affronter une vraie force de la nature -tout ceux qui auront déjà tenu un sparidae quel qu'il soit au bout d'une canne comprendront je pense-, il faudra aussi être en 
mesure de faire face à un océan qui a tout sauf envie de livrer dans le calme ses plus beaux secrets !


Le sar peut atteindre + de 2kg!



Sans avoir besoin de trop investir, quel matériel a t'on besoin pour pêcher le sar ?

Beaucoup et très peu à la fois en fait... Très peu parce que s'il fallait résumer ce qu'est l'iso fishing à la française, à savoir une pêche à roder en mer, il serait possible de n'évoquer qu'un fil, une 
chevrotine, un hameçon et une grosse moule dessus. Maintenant, le sar est un poisson extrêmement tatillon, presque autant que la daurade royale je dirais. Même dans une mer démontée il prendra 
presque toujours un malin plaisir à d'abord goûter sa pitance par exemple. Au moindre comportement suspect il recrachera sa proie voire il l'ignorera totalement. Pour palier à cela, le pêcheur devra donc minimiser tout ce qui peut entraver l'évolution naturelle de l'esche dans l'eau, à commencer par la moindre surtension du fil. Pour y parvenir, il n'aura d'autre choix que d'utiliser une canne particulièrement sensible en pointe, mais possédant malgré tout une bonne réserve de puissance pour pouvoir gérer confortablement les combats. Dans la mesure où en iso à la française on pêche toujours avec des appâts très légers et souvent peu plombés (entre 0 et 10g je dirais la plupart du temps, parfois un poil plus lorsque la mer est bien agitée et que l'on pêche une zone vraiment profonde), cette canne devra en plus avoir une action plutôt souple, afin de bénéficier de bonnes qualités de lancer.
A petit budget, et surtout pour découvrir la technique, une canne anglaise ou de type feeder sera le plus indiqué, dans les 20/60g de puissance environ. En sachant qu'une telle canne aura toutefois une
durée de vie relativement limitée en mer. Et oui... Après, pas d'autre choix que de passer sur une K-One 3003, la seule canne pour le moment sur le marché qui soit vraiment dédiée uniquement à cette
technique de pêche.
Question moulinet, il n'y a pas de gros besoins particuliers en iso, à part avoir quelque chose d'un minimum solide face aux éléments. Les tailles 2500 sont probablement ce qui convient le mieux, 
selon moi.
Dernier investissement à ne pas minimiser : tout ce qui relève de la sécurité. Comme je le disais plus haut, le sar se pêche presque uniquement dans des conditions de mer pas évidentes, et mieux 
vaut être un minimum outillé en conséquence : un gilet de sauvetage ou d'aide à la flottaison, de bonnes chaussures de wadding antidérapantes, mais aussi et surtout un salabre pour épuiser ses poissons sans prendre de risques. Et crois moi Nicolas, l'étape de l'épuisage du sar est tout sauf une synécure quand la houle empêche de s'approcher de l'eau !


La fameuse K-One, très prisée par les pêcheurs en iso...




Tu préfères la tresse ou nylon?

Voilà une question piège... Piège parce qu'en iso les caractéristiques mécaniques des monofilaments n'auront presque que des atouts à proposer, néanmoins leurs quelques inconvénients peuvent parfois
être vraiment frustrant, par exemple vis à vis des distances de lancer. Sans rentrer de trop dans les détails, je dirais toutefois que dans 90% des cas un bon nylon sera à privilégier car, franchement, sa souplesse et sa résistance naturelle à l'abrasion seront vraiment de très gros plus par rapport à la tresse. En effet, lorsque par exemple les poissons sont tatillons à la touche, la souplesse d'un mono va permettre d'atténuer énormément les risques de surtension du fil, ce qui va fatalement aider à davantage concrétiser les choses. Pour le problème de l'abrasion, pas besoin de faire de dessins, un mono sera toujours largement supérieur même à la meilleure des 
tresses, CQFD ! Dernier avantage du mono, sa visibilité bien sûr, un critère important si l'on souhaite bien suivre ses dérives dans le ressac. Sunline propose d'ailleurs depuis cette année en France deux références parfaites pour cette pêche : l'Iso Fine Float II et le Visible +. 28 à 30/100, c'est parfait !


La marque Sunline, encore inconnue il y a quelques années, est en train de devenir une référence dans le monde de la pêche.



Quel est le montage que tu préconises ?

Il y en a deux en fait. Le premier est archi simple et consiste en un simple hameçon de type « chinu » (fort de fer, hampe courte, grande ouverture) au bout d'un bas de ligne d'environ 1,50m de
26 à 31/100 de fluorocarbone. Ne pas hésiter à descendre jusqu'à 22/100 lorsque les eaux sont très claires. Personnellement je suis un inconditionnel du Siglon FC de Sunline ! Incroyablement 
résistant à l'abrasion et aux noeuds, un vrai fluoro donc parfaitement invisible et surtout vraiment pas cher au vu de sa qualité ! Ce montage sera complété si nécessaire par une chevrotine pincée près de l'hameçon, d'un grammage permettant à l'appât de juste rouler sur le fond tout en suivant bien les mouvements du ressac. On doit sentir que l'on racle le fond ni trop, ni trop peu... C'est le montage « passe partout » je dirais. C'est aussi celui qui conviendra le mieux aux esches dures comme les tronçons de crevette. Le deuxième montage sera quant à lui plus adapté aux esches tendres, comme les moules, les huîtres, les pousses pieds ou les berniques. Il consiste en un hameçon de type « circle » relié au bas de ligne via une boucle de façon à ce qu'il reste libre (le nœud rapala est parfait pour cela). La chevrotine sera dans ce cas pincée sur l'excédant de fil du nœud, pas directement sur le bas de ligne,
de façon à ce qu'elle puisse sauter facilement en cas d'accroc sur le fond. Ce montage est juste redoutable en iso à la française car le poisson va systématiquement se piquer tout seul ! Attention ! 
Pas de ferrage avec un circle sinon c'est la décroche assurée ! Ce montage va aussi avoir l'avantage de piquer le poisson au coin de la gueule, un très gros plus quand on pratique le no-kill, dans la 
mesure où les sars sont quand même des poissons très fragiles.
Je ne l'ai pas précisé mais les hameçons devront être excessivement piquants, les sars ayant une gueule très dure ! Pour les circle je conseille vraiment les heavy circle de BKK qui ont une forme 
juste parfaite (très bonne mécanique de basculement) en plus d'un revêtement teflon qui va en accentuer la qualité de pénétration. En plus ils font parties des moins chers sur le marché, que demander de plus ?


Ci dessous, le deuxième montage pour les appâts fragiles, avec la chevrotine pincée sur l'excédent de fil.



Quels appâts nous conseilles-tu d'utiliser pour nous donner toutes les chances d'attraper un sar ?

L'appât par défaut, c'est clairement la moule, tout simplement parce que c'est de très loin la proie la plus représentée dans le régime alimentaire du sar... Mais dans l'absolu, et dans la mesure où le sar 
se nourrit je le répète en glanant de façon opportuniste sa nourriture le long du front de mer, tout peut marcher à commencer par ce que l'on va trouver autour de soi sur l'estran : huitres, berniques, 
bigorneaux même... Tout fonctionne ! En fait, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que l'iso mise surtout sur le comportement alimentaire du sar, plus que sur l'usage d'un appât bien précis qui 
pourrait à coup sûr faire la différence. Ceci dit la valeur sûre reste, j'insiste, clairement la moule. Ça et le tronçon de crevette qui donne aussi d'incroyables résultats, crue comme cuite ça n'a aucune espèce d'importance. A noter en passant que l'usage d'additifs permet vraiment de faire la différence avec ce poisson. Je 
sais Nicolas que tu n'es pas particulièrement fan de ce genre de chose mais tu peux me croire : appât préparé Vs appât pas préparé, bien côte à côte à pêcher les mêmes veines d'eau, c'est toujours l'appât préparé qui s'en sort haut la main ! C'est d'ailleurs une étape incontournable dans la pêche du sar si l'on souhaite utiliser des mollusques, car leur préparation va certes permettre de les doper en attractants, mais aussi et surtout rendre leur chair dure à souhait et donc facile à escher. L'exemple le plus éloquent est l’huître, à 
savoir un appât inutilisable en l'état, mais qu'il devient possible d'exploiter sans aucun soucis lorsqu'il est préparé à l'aide d'une farine. En plus, ces préparations vont permettre une conservation 
parfaite des mois durant ! Idéal pour se constituer un stock et donc pouvoir s'improviser de petites sorties à l'arrache dès que la mer le permet.


Ici des huitres arômatisées façon Shio Ninniku.

Où faut-il chercher les sars?

Au ras du fond, sous l'eau blanche (et pas dedans), là où la mer bastonne le plus sur une côte bien rocheuse, c'est la base ! Après tout va dépendre et de la nature du secteur pêché (estran rocheux en forte déclivité Vs estran en pente très douce, zone abritée Vs face à la houle, etc.), et bien sûr de l'état de la mer. Il faut savoir que les petits fonds ne se pêchent pas par exemple de la même manière que les fonds plus importants car les sars n'y ont pas le même comportement. Par exemple, dans les petits fonds les sars seront toujours excessivement mobiles, se déplaçant de spot en spot au fur et à mesure de ce que la marée va recouvrir ou découvrir. Sur les petits fonds il va donc falloir suivre continuellement la marée, observer comment la houle se comporte aux abords des tombants de faille, des bordures de plateau, des fosses, des abords de murs de pêcheries, etc. Les sars se tiendront le plus souvent à proximité des structures, guettant tout ce que le ressac y apportera et y concentrera. Les failles peuvent elles aussi offrir de belles surprises, les sars y pénétrant souvent durant la marée montante, 
et ce même s'il n'y a pas beaucoup d'eau... Sur les fonds plus importants cela sera plus ou moins le même principe de suivi des structures et du comportement de la houle face à celles-ci, mais avec des poissons quand même bien moins nomades et donc des postes bien plus marqués en terme de régularité des prises. L'état de la mer et sa couleur sont aussi des facteurs clés : les sars privilégieront toujours les zones où l'eau sera à proportion du reste plus claire, quitte à parfois même déserter les zones les plus 
battues par la houle au profit des fonds de baie bien abritées !
Plutôt marée haute ou marée basse? Je dirais tout sauf les étals, avec quand même en général une meilleure régularité de l'activité durant la marée montante. Quoi que... En fait je pense que c'est surtout une histoire de corrélation entre les mouvements d'eau et la nature des secteurs pêchés, en particulier leur topographie et leur exposition à la houle sur le moment. Cela veut dire quoi ? Et bien qu'en fonction des caractéristiques de chaque spot, la marée peut parfaitement avoir des incidences totalement contradictoires, d'où l'impossibilité selon moi d'envisager une quelconque généralité.
Je pense aussi que la saisonnalité peut énormément jouer vis à vis des marées. Il y a des périodes où les sars seront naturellement plus actifs autour de la marée haute, et d'autres où on ne les verra 
qu'aux alentours de la marée basse... Peut-être une question de répartition de la nourriture naturelle en fonction des saisons, je ne sais pas.


En arrière plan on voit très bien le genre de zone dans laquelle il faut rechercher ce poisson.



Comment nous conseillerais-tu de prospecter, d'aborder un spot, sachant que l'on n'est pas certains qu'il y ait des sars?

Alors déjà, de façon toujours sécurisée ! C'est à dire en commençant à chaque fois par réfléchir aux limites à ne pas franchir, comme éviter d'avancer de trop sur les parties de roches qui sont mouillées, notamment pendant la marée montante et face à un spot où la houle vient s’écraser de plein fouet. Ça n'est pas parce que les vagues n'y parviennent pas à chaque fois qu'elles n'y 
parviennent jamais, ou qu'elles n'y parviendront pas 5 minutes plus tard... ça peut paraître évident, mais dans le feu de l'action même les pêcheurs les plus expérimentés ne sont pas à l'abri d'un excès 
de confiance potentiellement mortel. Ensuite et seulement ensuite je pourrais penser à ma pêche à proprement dit. Personnellement je 
vais privilégier d'emblée les secteurs où la houle va venir directement s'écraser, là où l'eau blanche sera la plus abondante et où généralement les fonds seront les plus importants. Je vais aussi chercher la proximité de tous les reliefs les plus marqués, en sachant que tout est surtout une question d'échelle vis à vis du reste du secteur. Cela veux dire que je ne vais évidemment pas m’attarder sur les mêmes détails selon que je pêche un secteur de petits fonds, ou au contraire un secteur en pente abrupte. Sur les zones en forte pente, je vais privilégier par exemple la proximité des grosses têtes de roche ou des îlots, les pointes, mais aussi et surtout l'à pic que j'ai peut-être directement à mes pieds.
Sur les zones en pente douce je vais plus rechercher les failles, les bordures de plateau même s'ils sont dans mes bottes, etc.
Comme je le disais plus haut il y a aussi la notion de couleur de l'eau qui va importer dans ma recherche. Si face à la houle l'eau est plus sale que sur les zones abritées, je vais plus m'attarder sur 
les fonds de baies pourvu qu'il y ait quand même un minimum de ressac à y entrer. Et après évidemment, ce sont les résultats ou l'absence de résultat qui vont m'aider à peaufiner les spots à 
privilégier pour mes futurs sorties sur ces zones « inconnues ».
Dernier conseil, le sar a beau être une espèce abondante et présente j'en suis convaincu sur l'ensemble des estrans rocheux de France, y compris en Bretagne nord, il n'occupe pas les littoraux de façon homogène. Ainsi un apparent désert peut parfaitement jouxter un cordon littoral quasiment envahi de poissons... Ne me demande pas pourquoi, je serais incapable de te le dire ! Tout comme je serais incapable de te dire pourquoi à tel endroit il va avoir tel comportement qu'alors qu'à tel autre moins de 10km plus loin il va ne plus du tout ni occuper les mêmes types de spots, ni avoir le même comportement ou rythme alimentaire. C'est d'ailleurs en passant ce qui rend je trouve ce poisson si fascinant : on est encore loin, très loin de tout connaître à son sujet ! N'oublions d'ailleurs pas qu'il y a moins de 15 ans personne ne pensait qu'il y en avait à ce point en Bretagne, pas même ce Maestro de la pêche -et de la mer- qu'est le légendaire Ange Porteux. Et pourtant...


A la pointe de Bihit à Trébeurden par exemple, il y a de belles zones d'écume... Méfiance tout de même car la Manche peut être très dangereuse quand la météo est mauvaise, surtout lorsque les vent sont orientés à l'Ouest.



Si par chance on pique ce poisson exceptionnel, comment faut-il le combattre? Est ce qu'il faut bien le brider afin d'éviter qu'il nous envoie dans les enrochements tel une vieille? 

Alors, première chose : ne jamais vendre la peau du sar avant de l'avoir mis au sec car c'est un poisson qui va certes démarrer au quart de tour avec un bon gros rush, rapide et puissant, mais qui 
va surtout être capable de les aligner jusqu'à épuisement y compris quand il est rendu sous la canne ! Mon ami Dimitri compare d'ailleurs souvent la défense du sar sur du matos « light » avec 
celle des petites carangues qu'il capturait à Madagascar durant sa jeunesse, ça a le mérite d'en dire long, non ?
Deuxième chose, le sar est un poisson de roche qui connaît parfaitement son milieu. Son but sera toujours d'aller se caler dans un trou ou dans une faille ! Il faudra donc être en mesure de l'en 
empêcher, en le bridant, ce qui ne sera pas toujours possible il faut bien en avoir conscience.
Troisième et dernière chose, le sar est un poisson « trompeur ». Un gros combat n'est absolument pas synonyme de poisson trophée. Les poissons les plus nerveux et combatifs sont en effet souvent 
de taille relativement moyenne (jusqu'à 1,5kg en gros), les gros jouant d'avantage avec leur masse pour opposer une résistance, en prenant appui notamment dans le ressac. Le combat devra donc se faire certes en force pour ne jamais trop laisser la main à l'animal, mais aussi et surtout je dirais en souplesse, et toujours canne haute pour limiter les risques d'abrasion sur le fil.
Un dernier détail qui a son importance en iso à la française : l'épuisage du poisson. Clairement, mieux vaut être deux... Seul, avec une forte houle, c'est juste infernal pour ne pas dire parfois 
impossible, et donc excessivement dangereux ! Cela devrait d'ailleurs là aussi faire partie des questions que chaque pêcheur devrait se poser en arrivant sur un spot prometteur : vais-je tout 
bonnement pouvoir sortir un fish de là ?...


Mieux vaut être prudent au bord de l'eau quand ça remue, y aller à plusieurs c'est encore mieux, pour la sécurité d'une part, et aussi pour s'entraider s'il y a un joli poisson à mettre dans l'épuisette... 



Et voilà, je pense qu'on ne peut pas être plus précis que David. Mon ami est très bavard, mais il a tellement de choses à dire sur ce sparidé dont il est passionné. Comme vous avez pu le lire, le sar est un poisson qui se mérite, il n'y a qu'en prospectant, en insistant et en utilisant le bon matériel, les bons appâts et les bons montages que l'on peut attraper ce sparidé, il faut se faire de l'expérience... 
Cette année je vais essayer de faire quelques sessions Iso avec les copains, en espérant que la chance sera de notre côté et qu'on trouvera ce magnifique poisson. Si on n'y arrive pas, je pense que je serai obligé d'inviter ce "spécialiste" dans notre belle région pour qu'il nous donne un cours sur cette pêche qu'il maitrise à merveille.

Un grand merci à David d'avoir répondu à mes questions...



@micalement, Nicolas.

4 commentaires :

  1. superbe article de fond et bien documenté !! Bravo Nico, je le partage sur mon blog :D

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    1. Merci Fabien 😃, c'est surtout David qui a bien travaillé, moi je n'ai fait que poser les bonnes questions 😉

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  2. super article , j'ai toujours peche le sar en méditerranée ,et je ne pensai pas en trouver en manche

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    1. Et bien si, on en fait tes petits par-ci par-là mais on ne les cherche pas vraiment. C'est pour cela que cette année je vais essayer de m'y intéresser de plus près :)

      @mic, Nicolas.

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